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Le succès du forum contre l'islamophobie sans l'atte

Il y a 6 ans
Le succès au rendez-vous. Le Forum international contre l'islamophobie, organisé samedi 14 décembre à Paris, a drainé plusieurs centaines de personnes préoccupées par l'aggravation de ce racisme en France. Toute une journée durant laquelle des dizaines de chercheurs et de militants associatifs et politiques se sont succédé lors de tables rondes de réflexion et d’ateliers pratiques visant à construire et à intensifier la lutte sur le terrain. Saphirnews, un des rares médias qui se sont déplacés au colloque, revient sur cet événement qui fait date. A condition que les musulmans et leurs soutiens tirent profit, en toute autonomie, des expériences pour organiser leur lutte en faveur de l’égalité.


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La Bourse du travail de Paris fut pleine à craquer ce samedi 14 décembre. A l’appel de nombreuses associations telles le Parti des indigènes de la République (PIR), le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et Mamans toutes égales (MTE) ainsi que des personnalités regroupés dans le collectif 14 décembre, plusieurs centaines de personnes se sont déplacées pour assister au Forum international contre l'islamophobie, qui suit une initiative académique inédite produite à l’EHESS les 12 et 13 décembre à Paris.



Organisé par le CADIS et l’Université de Berkeley (Californie), les intervenants du colloque étaient revenus sur les enjeux autour de la reconnaissance de l’islamophobie en Europe et aux Etats-Unis. Une initiative salutaire tant il s’agit d’une thématique qu’il est nécessaire de promouvoir dans le milieu académique français afin de porter un coup d’arrêt aux discours xénophobes construits par les élites politiques et médiatiques.



Hatem Bazian et Ramon Grosfoguel, experts du racisme anti-musulman venus tout droit de Berkeley, se sont joints à l’initiative de samedi, naturellement. Une motion condamnant les restrictions aux libertés des musulmans de France avait été adoptée à l’unanimité à l’issue du colloque annuel sur l’islamophobie, organisé en avril 2013 dans cette prestigieuse université américaine, et ce en présence de Houria Bouteldja, porte-parole du PIR. Le contact fut rapidement crée.


Si discuter d’islamophobie est possible dans les sphères académiques, les discriminations à l’encontre de femmes voilées sont une réalité soulignée par la sociologue Nacira Guénif. Elle dénonce, face à une assemblée diversifiée, « la fausse bonne conscience » dans laquelle se complaît le milieu universitaire, à savoir que « les intellectuels (seraient) vertueux, forcément bien intentionnés » et qu’ils ne reproduiraient pas « les travers de la société ». 


Les sciences sociales rigoureuses vs les raccourcis médiatiquesEn parallèle du militantisme, « les sciences sociales ont un rôle important à jouer dans la connaissance de la réalité sociale islamophobe » et leur mise à l’écart consistant à « privilégier une vision médiatique essentialisante et caricaturale de l’islam » participe à la « problématisation » de l’islam, signale Abdellali Hajjat. Il faut « exercer une forme de vigilance sur les productions journalistiques » qui discréditent les travaux universitaires sérieux, souligne Nacira Guénif.


Pour sa part, Tariq Ramadan a appelé les militants contre l’islamophobie à se doter d’une « définition claire » de ce concept, non alimenté par « une position victimaire », mais aussi à s’unir pour ne pas « conforter la position des islamophobes », les plus fervents d’entre eux, rappelle-t-il, étant les défenseurs d’Israël et du sionisme. 

« La division sur le terrain nous rend nous-mêmes responsables d’un front lancé contre nous », déclare le professeur d’études islamiques à Oxford. Une allusion probable au conflit ouvert entre le CCIF/PIR et la Coordination contre l’islamophobie et le racisme (CRI) exclue de la participation au forum.


Chaque atelier (quatre au total) a fortement mobilisé, à l’image de la session « Comment lutter contre l’instrumentalisation du féminisme et de la laïcité ? » qui a réuni près d’une centaine de participants autour de personnalités comme Ismahane Chouder, co-présidente du Collectif féministe pour l’égalité (CFPE), Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, ainsi que des mères discriminées lors de sorties scolaires.


Pour déconstruire le lien, il faut « resituer le sens et la lettre » des concepts susnommés et « refuser les termes du débat » dans lesquels les femmes musulmanes sont assignées depuis 10 ans, affirme Ismahane Chouder. Elle appelle à l'occasion les solidaires à signer une pétition du CFPE pour l’abrogation de la loi anti-voile à l’école et de ses avatars qui ont suivi, préconisée dans le dernier rapport sur l'intégration. 

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