⸻ '' Il est cinq heures, la ville s'éveille. Il est cinq heures, je n'ai pas sommeil ,,
Métro, boulot, dodo... Une routine qui convenait très bien à notre jeune Maryline. Cela faisait plus de 20 ans que cette dernière avait la même routine, ses journées étaient rythmées par son travail, sa vie de famille et ses activités plus mornes les unes que les autres.
Chaque matin, elle se levait à 6h tapantes, non pas réveillée par le doux chant mélodieux des oiseaux mais plutôt par le bruit des automobilistes pressés qui avaient déjà entamés leur journée une heure auparavant, se rendant sur leur lieu de travail. Après s'être tirée du lit, elle se dirigeait vers sa cuisine pour préparer un café, avec du grain moulu de basse qualité, dont le liquide était plus brun transparent que noir et dont le goût laissait à désirer. Elle dressait la table du petit-déjeuner pour son tendre mari et ses enfants qui se lèveraient plus tard avant d'entamer une nouvelle journée d'apprentissage sur les bancs de l'école. Elle se préparait pour se rendre au travail, un tailleur deux pièces noir sous lequel elle prit le soin de mettre une douce chemise de soie bouffante, sa seule touche de fantaisie était dans son maquillage où elle se laissait aller avec une touche de rouge à lèvre carmin.
Après s'être préparée, elle quittait sa belle demeure située dans une banlieue résidentielle, où les maisons se ressemblaient toutes. Son chemin vers le travail était tout tracé, elle passait par l'écluse où quelques passants erraient, dégustaient un café matinal - digne de ce nom, contrairement à celui de Maryline -. Notre héroïne Maryline, avait une certaine mélancolie en observant le jeune couple partager un petit-déjeuner, atablés à une table du bar. Elle se demandait comment aurait été sa vie si elle n'avait pas écouté sa mère ? Serait-elle toujours mariée avec Martin ? Aurait-elle réalisé ses rêves ? Aurait-elle eu la chance de faire un travail qui lui plaisait ?
Après toutes ces réfléxions, Maryline secouait sa tête et se laissait convaincre par la petite voix dans sa tête qui suggérait que c'était la crise de la quarantaine qui se faisait sentir, en arrivant et balayant tout sur son passage. Sa vie n'était pas si maussade, elle avait un mari qu'elle aimait, des enfants incroyables, un travail stable. Que demander de plus ? A ce moment là, Maryline se mit à penser à des voyages, des aventures, de la folie. Et si c'était le point de non-retour ? Et si c'était le signe de suivre le courant ?
Maryline regardait le cours d'eau de l'écluse s'écouler pour laisser passer une péniche. Elle garait sa voiture sur un parking mis à disposition et laissait tous ses effets personnels à l'intérieur de sa belle berline rouge. Elle n'emportait qu'une photo de ses enfants et un peu d'argent avant de disparaître vers l'horizon, ne laissant derrière elle que le souvenir de la bonne vieille Maryline. Sa nouvelle vie était sur le point de commencer.