Du coup, la sanction est tombée.
Le RN, parti historiquement raciste, n'a pas manqué de nous rappeler à quel point il continuait de véhiculer des opinions racistes. Un député a lancé "Qu'il.s retourne.nt en Afrique". L'interprétation au singulier est raciste. Il n'y a pas de débat. La seconde interprétation possible est au pluriel. Elle évoquerait les bateaux de migrants. Si le racisme est encore une fois établi pour une partie de classe politique, il n'en demeure pas moins que cette proposition de faire rentrer les migrants chez eux est partagé par un bon nombre des Français. L'Assemblée nationale est représentative de la nation française. Les citoyens ont voté pour ce candidat RN en connaissance de cause puisqu'ils savent que son programme est anti-immigration.
Il s'avère qu'il y a un règlement à l'AN et qui permet de sanctionner les dérives. La décision est naturellement politique et a été prise dans des conditions plus que discutable. Est-ce qu'il s'adressait au député ? Le doute demeure.
En tant que député qui aurait reçu un propos homophobe dans l'enceinte du Parlement, je lui aurais accordé le bénéfice du doute et j'en aurai laissé les électeurs trancher de la situation.
J'en conviens, ce genre de situations se multiplient dès lors que l'extrême-droite arrive au Parlement, dans tous les pays, mais il faut sanctionner correctement les députés.
Par correctement, j'entends de ne pas non plus utiliser cette possibilité trop régulièrement. Je n'ai jamais vu autant de rappel au règlement tomber sous cette législature. À la fin, c'est du n'importe quoi : un député LREM qui fait un salut nazi se tape un rappel au règlement avec inscription au procès verbal et un député RN qui tient un propos dont le racisme n'est pas avéré engendre et qui résulterait de l'expression d'une partie de l'opinion générale une exclusion de 15 jours.
Il y a un problème.
En juin dernier, les députés LREM et NUPES avaient la possibilité de s'allier pour faire barrage au RN. Ils ne l'ont pas fait. Qu'ils assument maintenant. Il n'est pas trop tard néanmoins pour changer la situation.