
TW : Violences conjugales, insultes.
Aujourd’hui je vais vous parler de ce qu’il s’est passé le 31 juillet 2022, vous avez dû entendre/lire cette histoire qui a suscité pas mal de réactions sur divers réseaux sociaux.
J'ai appris très récemment cette histoire.
Nous sommes le 31 juillet 2022, une femme compose le 17 pour prévenir la police que son ex-conjoint se trouve devant son domicile, menaçant de la tuer.
Au bout du fil, le policier ne semble pas prendre la mesure de ce qui vit la jeune femme.
Pire, son ton ironique - comme décrit dans le procès-verbal de retranscription - trahit le fait qu’il ne croit pas son interlocutrice, voire qu’il n’a que faire de son appel.
Lorsque le policier entend la jeune femme lancer une grossièreté à son ex-conjoint pour tenter de le dissuader de monter dans son appartement, le policier dégoupille avec une violence verbale inouïe.
« Eh tu parles mal grosse merde. Alors tu m’étonnes qu’il te menace. Ne rappelez plus, démerdez-vous avec », lance ainsi ce fonctionnaire avant de raccrocher.
Une heure plus tard, la jeune femme rappelle le 17 et tombe sur le même policier, sans s’en apercevoir.
D’abord plus compréhensif en apparence, celui-ci - qui feint d’ignorer l’objet de l’appel - va très rapidement reprendre un ton odieux, refusant une nouvelle fois d’aider la jeune femme :
"Ah bon, il vous a insultée? (…) démerdez-vous grosse merde’, ça m’étonnerait ", répète-t-il, avant de sermonner la jeune femme, en lui rappelant que la précédente main courante, déposée à l’encontre de son ex-compagnon, n’avait " servi à rien ".
" Bon, vous allez au commissariat, vous faites une plainte contre votre ami qui vous harcèle là d’accord (…) Voilà, c’est tout. Et pour le policier (sous-entendu lui), je ne sais pas, faites un courrier aussi ", finit-il par lâcher avant de raccrocher.
Malheureusement, le lendemain de cet appel, la jeune femmesera rouée de coups par son ex-conjoint en sortant de son domicile.
" II est venu et il est sorti de la voiture, il a pris une batte et il a tapé ma mère, il lui a mis des coups de poing et des coups de pied. Il a essayé de l’écraser ", a raconté la fille de la jeune femme, selon le procès verbal de retranscription.
Dans la foulée de l’agression, une patrouille de police sera envoyée sur les lieux et l’ex-conjoint sera arrêté.
Condamné en novembre 2022 à quatre ans de prison ferme, dont un an avec sursis probatoire, il est depuis incarcéré.
Auditionné dans le cadre de l’enquête de l’IGPN, le policier fautif a, de son côté, tenté de justifier son attitude, en plaidant le fait qu’il n’avait pas pris au sérieux la jeune femme.
" J'ai immédiatement catégorisé cet appel dans les fantaisistes (…) J’avais l'impression qu'elle était en train de parler avec le sourire (…) Une femme en danger n'est pas agressive en général avec l'individu qui la menace ", s’est-il ainsi défendu, selon le procès verbal d’audition.
Il a par ailleurs reconnu " avoir mal parlé à la dame " et qu’il ne lui a pas répondu « correctement ".
" J'ai eu un moment d'égarement et je me suis lâché verbalement contre elle ", a-t-il ajouté, en précisant qu’il se sentait " blasé " et qu’il en avait " ras-le-bol de ce boulot ".
Accusé d’ " omission de porter secours ", ce fonctionnaire risque cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.
Rappel :
213 000 femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de la part leur conjoint ou ex-conjoint chaque année.
Au 04/03/2023, on dénombrait 23 féminicides depuis le début de l'année 2023.
Sources
