Je suis dubitatif pour ma part concernant la mesure.
La solution me paraît trop simple.
La situation est simple dans la majorité des cas : un groupe de personnes déterminé harcèle une personne.
Or dans certains cas, il arrive dans certains établissements que le personnel éducatif se trompe dans la personne qui harcèle véritablement : la personne harcelée, parce qu'elle reste un enfant, peut être perçue comme la personne qui harcèle.
La situation suivante se présentera : la personne harcelée sera considérée comme personne harceleuse et devra changer d'établissement.
Cela est d'autant plus vrai quand le personnel éducatif participe au harcèlement de l'élève parce qu'il est différent.
Nicole Catheline, dans "Harcèlement scolaire" (éditions PUF), explique très bien qui sont les personnes harceleuses et qui sont les personnes harcelées.
Les personnes harceleuses, bien qu'il faille les sanctionner pour ce qu'ils font, sont également des victimes.
Les personnes harcelées le sont souvent parce qu'elles sont différentes : un caractéristique physique, un trait de caractère, une orientation sexuelle, des origines, etc.
Évidemment, cette mesure a été prise pour aller à contre-courant de ce qu'il se fait la plupart du temps, elle part d'un bon principe : il est demandé souvent demandé aux personnes harcelées de changer d'établissement pour être tranquille.
Mais, est-ce que les personnes harceleuses doivent pour autant quitter leur établissement ? Je trouve que la mesure est disproportionnée.
À la limite, il faut effectivement exclure l'élève du fait de la gravité du harcèlement : c'est à ce niveau qu'il faut agir.
Cette mesure montre qu'il y a encore beaucoup à faire au sujet du harcèlement et que les pouvoirs publics n'ont pas encore saisi ce qu'il se passait véritablement dans les établissements scolaires.
Peut-être pour une prochaine fois ?