Le haïk, est définit comme étant "une pièce d'étoffe drapée sur les autres vêtements et qui peut servir à cacher le bas du visage (vêtement féminin)". Ce vêtement historique est un héritage culturel très ancien et un symbole qui traversa l'histoire de l'Algérie.
Origines du haïk
Apparu en Numidie (actuelle Algérie) au IIIe siècle avant J-C. le haïk, appellé à cette époque "tamelhaft" est une longue éttofe rectangulaire traditionellement fabriquée en laine ou en soie, que portaient de nombreuses femmes afin de se distinguer des prostituées et des esclaves. En effet, les prostituées et les esclaves formaient un groupe de femmes ayant des activités faites à l'éxtérieur et donc s'exposaient au soleil. A cette période déjà, les femmes fantasmaient sur l'idéologie de la couleur de peau parfaite, qui devait être la plus claire possible, le tamelhaft permettait donc aux femmes chastes de se proteger du soleil, et donc se différencier de celles qui travaillaient en extérieur.
Le port du tamelhaft permettait donc de conserver une couleur de peau très claire, et de se dinstinguer de ces dernières. De plus, bien avant l'arrivée de l'Islam, les femmes bèrbères soutenaient l'idée d'être pudique face aux hommes, se couvrir afin de ne pas s'exposer aux regards des inconnus, pouvant parfois être désireux.
Le haïk sous l'occupation arabe et ottomane
Après l'arabisation de l'Afrique du Nord et l'imposition comme langue courante l'arabe, "hâka" qui signifie "tisser" fait naître le nom du vêtement actuel que l'on connait tous "haïk". L'islamisation de cette région va accentuer le port du haïk aux femmes algériennes, qui vont aller plus loin en associant ce vetement au "âajar" (définit comme étant "une petite voilette faciale triangulaire qui orne le visage, d'un tissus très fin, en soi, en laine ou en coton.")
Le haïk va cependant évoluer dans le temps, comme dans l'est algérien (région du Constantinois; regroupant les villes de Constantines, Mila et Sétif) où après le décès du Bey de Constantine, Salah Bey Ben Mostafa en 1792, endeuillées, les femmes du Constantinois porteront la Mlaya, qui est un vêtement totalement similaire au haïk mais en coton et de couleur noire.
Peinture d'une femme en haïk, Casbah d'Alger - Peinture d'une femme juive d'Alger avec son haïk - Femme Mauresque en Mlaya, Constantine
Le haïk, un symbole de la guerre d'indépendance
Le haïk a aussi une diemension historique et est un symbole de la guerre d'indépendance de l'Algérie, c'est un symbole de résistance de toute une nation contre le colonialisme français. En effet, ce vêtement ample permettait aux femmes de faire circuler discrètement des armes, de l'argent, des munitions et des vêtements pour les combattants du FLN lors de la guerre d'independance de l'Algérie (1954-1962), sans se faire surprendre par les policiers et militaires français.
Le haïk de nos jours
Aujourd'hui, le haïk a malheuresement été abandonné dans les années 90 au profit du Niqab et du hijab islamique simple. Cependant, il reste ancré dans les traditions des accordailles algériens où la mariée se présente aux invités d'une tenue traditionelle sous son haïk. Que ce soit lors de la sortie de chez ses parents ou lors de son arrivée à la salle des fêtes, par exemple. Très peu de femmes en Algérie continuent de porter le haïk, seules quelques exceptions comme à Ghardhaia, ou dans le Constantinois où certaines femmes portent encore la Mlaya.
Jeune femme algérienne mariée, vêtue d'une chedda Tlemcenienne et d'un haïk - Jeune mariée en Karakou Algérois et d'un haïk
Ce trésor algérien est à conserver, car certaines nations, dont je ne citerai pas le nom, se permettent de s'approprier son origine et falsifier cette dernière. C'est plus qu'un héritage religieux, c'est un héritage culturel, une tradition à préserver.

Femme sétifienne vêtue d'un Binouar/ Zdaf el Ghali, en dessous de sa Mlaya noire, ainsi que de son Âajar.
https://terroirdalgerie.wordpress.com/2017/04/02/le-haik/
https://www.elmoudjahid.dz/fr/l-evenement/le-haik-une-dimension-historique-de-la-revolution-les-femmes-colombes-185331
https://www.lescahiersdelislam.fr/Le-haik-algerien-entre-reconnaissance-et-indifference_a335.html
Post-scriptum : j'aurais aimé mettre plus de photos mais je n'ai pas reussi, je suis désolée.