@Kinward Je ne vais pas répondre directement à la question, mais plutôt réagir à l’une des mesures évoquées pour réduire la dette : celle des coupes budgétaires dans le service public.
En France, c'est toujours la même musique, et cela dure depuis des années. C’est très simple : quand les finances sont dans le rouge, on tape sur le service public, jugé trop coûteux et inutile. Pourtant, il convient de rappeler l’état actuel du système public français.
Prenons le système de santé, déjà gravement fragilisé depuis la période post-Covid. Derrière les innombrables faits divers relayés récemment dans les médias comme ces urgences qui ne se déplacent plus, au risque de décès évitables (souvenons-nous du cas d’Esteban, mort d’une pneumonie il y a 6 jours alors alors qu’on lui préconisait un simple sirop pour la toux ) se cache une réalité bien plus sombre. Des heures d’attente, aucun lit disponible, des patients qui dorment dans les couloirs, une exode des diplômés vers l’étranger, des médecins épuisés qui enchaînent les gardes… et la liste est encore longue.
Et ce n’est qu’un exemple. On pourrait également discuter longuement de l’état de l’Éducation nationale : des élèves sans professeur pendant une année entière, un secteur qui n’attire plus, des salaires dérisoires (60 000 € brut annuel en Allemagne contre à peine la moitié en France pour un professeur débutant). Et pourtant, à côté de cela, on trouve des écoles privées qui facturent 10 000 € par an pour le primaire, ou encore des écoles de commerce comme HEC dont le PGE atteindra 70 000 € à la rentrée 2025–2026.
La France paie aujourd’hui le prix d’une politique de vente massive de son savoir-faire à l’étranger. Les exemples sont nombreux.
Emmanuel Macron, qui, en 2014, alors ministre de l’Économie, a donné son feu vert à la vente des très stratégiques turbines Arabelle par Alstom fleuron du nucléaire français à l’américain General Electric. Rachetées huit ans plus tard, face à la dépendance énergétique que cela a créée -_-. Un retour en arrière coûteux et révélateur. Il faut rappeler qu’Olivier Marleix, qui s’opposait à cette vente, s’est suicidé quelques années plus tard. ( Problèmes personnels ou pression de certains lobbyiste ? La question mérite d’être posée. )
Ajoutons à cela les transferts de technologies nucléaires d’EDF/Areva vers la Chine (Pour les adeptes du cinéma, je vous renvoie vers le film La Syndicaliste qui retrace l'histoire de ce scandale d'etat), ou encore le scandale des Uber Files, révélant les accords secrets passés entre Uber et Emmanuel Macron, alors ministre, pour faciliter leur implantation en France. Résultat : l'industrie du taxi, lourdement réglementée, s’est effondrée ( nombreuses grèves ) . Comment justifier qu’un chauffeur Uber puisse exercer avec un simple permis, un téléphone et une voiture, alors qu’un taxi doit acheter une licence à 100 000 € ?
Dernier exemple frappant : les sociétés d’autoroutes (Propriétés du secteur privé, pour la plupart). Elles ont dégagé en 2023 une marge opérationnelle de 55 % et une marge nette de 36,2 %. Résultat : des dividendes record de 4,1 milliards d’euros versés aux actionnaires. Pendant ce temps, les péages ne cessent d’augmenter pour les usagers. Délirant !
En outre à la fameuse politique dite du "ruissellement", chère à notre président, est un échec total. Inspirée du modèle capitaliste américain, elle prétend créer plus de richesse afin de stimuler l’investissement. En réalité, elle accroît les inégalités ( Aucune corrélation entre la hausse de la richesse produite et la hause de l'investissement ). L’augmentation de la richesse produite ne profite pas au service public et/ou aux salariés, mais aux dividendes des actionnaires. Ce n’est pas surprenant de la part d’un ancien banquier de chez Rothschild…
En conclusion, il est temps de cesser de brader nos compétences, nos infrastructures et de taper sur notre service public au profit d’intérêts privés et de pressions économiques court-termistes. À force de se plier aux exigences des lobbyiste, la France sacrifie son indépendance industrielle, et sa cohésion sociale. Il ne s’agit plus d’un choix politique, mais d’un impératif national et au final c'est toujours le servicce public qui trinque sans rêelles solutions sur le long terme.