Bonjour,
Cela fait un peu plus d’un mois que les événements sur Habbocity se sont produits. Je n’ai pas été un acteur direct de ces faits, mais il me semble important de revenir sur ce qui se passe depuis des années sur les rétroserveurs. Habbocity n’est pas un cas isolé : beaucoup d’autres ont vécu les mêmes schémas, les mêmes erreurs, les mêmes dérives. Je parle ici depuis mon expérience, en ayant observé de nombreuses personnalités qui ont marqué ces communautés depuis 2009. J’ai quitté définitivement Habbocity à la fin de l’année 2023, lassé par les agissements récurrents que je constatais et par l’impunité qu’ils engendraient.
L’un des problèmes majeurs est la gouvernance informelle et opaque. Il n’existe que rarement des règles claires, chartes ou procédures, et le pouvoir est concentré entre quelques individus, souvent sur la base d’affinités personnelles et d’ego. Les décisions sont arbitraires et la communauté ignore souvent qui décide et pourquoi. Cette organisation instable conduit régulièrement à des crises structurelles.
Le favoritisme et l’humiliation sont également omniprésents. Dans le passé, j’ai vu des staffs se faire licencier brutalement, sans explications, tandis que d’autres, mieux liés au noyau dur, restent en place. Le bénévolat est exploité : les équipes donnent beaucoup de temps et d’énergie, parfois plusieurs heures par jour, mais reçoivent peu de reconnaissance et subissent un stress constant. À force, cela entraîne le départ définitif des personnes investies.
Les pratiques toxiques comme les DOX ou les DDoS ont toujours été banalisées, et la culture du silence et de la peur empêche toute dénonciation ou remise en question. La protection des mineurs reste insuffisante : des modérateurs inexpérimentés, parfois eux-mêmes mineurs, ne peuvent gérer les comportements problématiques, laissant les prédateurs évoluer librement. La pédophilie a longtemps été un problème majeur sur Habbo, rappelé notamment par le scandale de 2012 (article du Monde, "Habbo accusé de ne pas protéger les mineurs des prédateurs sexuels", 13 juin 2012 à 11h01). Sur les rétroserveurs, la situation n’a guère évolué, et les jeunes utilisateurs restent insuffisamment protégés.
Les RPG, autrefois piliers essentiels des rétroserveurs, ont été largement incompris. Administrés par des staffs qui ne comprenaient pas leur intérêt, ces communautés ont été décimées. Aujourd’hui, les roleplayers sont rares, et les nouveaux venus découvrent un environnement peu accueillant. Les excuses comme « Habbo n’est plus à la mode » ne tiennent pas : le problème vient du climat toxique et de la mauvaise gestion des équipes.
Malgré des années d’existence, peu de rétroserveurs se sont professionnalisé. Il n’y a ni audit, ni apprentissage des erreurs passées, ni remise à plat sérieuse. La longévité ne s’accompagne jamais de maturité. La nostalgie est utilisée pour maintenir une base de joueurs fidèles, avec des promesses de changement ou des Google Docs de suggestions qui finissent oubliés.
Aujourd’hui, Habbocity est sans doute le premier rétroserveur français, mais sa gestion reste calamiteuse. Chaque nouvelle équipe accuse la précédente, mais les problèmes persistent. L’effondrement n’est pas le fruit du hasard : il découle d’un modèle fondé sur l’opacité, l’impunité, l’exploitation du bénévolat et le manque de vision. La question n’est plus de savoir qui est responsable, mais si ce modèle peut encore évoluer, ou si son cycle est arrivé à son terme.
Guizmeau.
Ce sujet sera probablement bloqué par l’équipe staff, ou au pire supprimé. La liberté d’expression a toujours été un sujet sensible sur Habbocity, qui est censé respecter les règles de l’Union européenne. Mais comme le projet est en réalité illégal à la base, peu importe.