
Une tranche de vie pleine d'information...
À Friends City, quand on promène ses petits-enfants en RP, on sait jamais vraiment si on part pour une simple balade… ou pour une petite leçon d’histoire improvisée. Et franchement, c’est ça qui est génial.
Ce soir-là, on avait juste décidé d’aller prendre une glace. Direction la place de l’Arc de Triomphe — parce qu’entre nous, difficile de résister au glacier “Le Notre” et à ses parfums improbables (oui, j’ai vu pistache-rose-litchi… et non, je n’ai pas osé).
On marchait tranquillement, glaces en main, quand on est passés devant la flamme.
Je m’arrête.
— Tu vois, ici repose le Soldat inconnu.
Morgan me regarde, intrigué, une cuillère de glace en suspens.
— Mamie, c’est quoi l’histoire du Soldat inconnu ?

— Une histoire de reconnaissance, mon chéri…
— Oui mais… plus ?
Je souris, hésite un peu, puis je me dis il est grand maintenant...
— D’accord. Après la Première Guerre mondiale, il y avait beaucoup de soldats... morts qu’on n’avait pas pu identifier.
Pas de nom, pas de famille à prévenir correctement… juste des hommes disparus.
— Genre… personne savait qui ils étaient ?
— Exactement. Alors la France a décidé de choisir un soldat inconnu pour représenter tous les autres.
— Un seul pour tout le monde ?
— Oui. Ils ont pris 8 soldats venus des différentes grandes batailles, (Verdun - La Somme - Le Chemin des Dames - L’Artois - La Champagne - Les Flandres - Lorraine - Alsace),
un jeune soldat a choisi l’un des cercueils, le 6eme simplement en posant un bouquet de fleurs dessus.
— Au hasard ?
— Presque. Avec le cœur surtout. Auguste Thin, celui qui a choisit, appartenait au 6e régiment d’infanterie
Donc il a choisi le numéro 6 en hommage à son unité… et à tous ses camarades. Et ce soldat-là a été enterré ici.
— Et la flamme ?
— Elle ne s’éteint jamais. C’est pour dire qu’on ne les oublie pas.
Morgan regarde la flamme quelques secondes, silencieux.
— C’est un peu triste…
— Oui… mais aussi très beau. Parce que ça veut dire que même sans nom, ils comptent.
Il hoche la tête, puis reprend une cuillère de glace.
— Du coup… on peut dire merci même si on sait pas à qui ?
— Exactement, mon grand.
On reprend notre marche...
— Mamie ?
— Oui ?
— Moi je dis merci… mais je prendrais quand même bien une deuxième glace.
Je ris.
— Ça, c’est une tradition qu’on peut aussi respecter.
Mamie Huguette, la vétérante de la famille...